The long song occupies an important place in Mongolian traditional music. It is called “Long song”, because each syllable of the text is drawn out by the voice for an extended time. A four-minute song may only consist of ten words. The Mongolian long song originates in the broad steppe from the vocal tones that echo far across the mountains. The most used vocal technique is the shuranhai, which consists of emphasis on the vowels, drawling out the notes with a deeply articulated and glottal vibrato. Researchers say that this technique enables the sounds to travel and spread throughout space.

The long song is based on the ambivalence in two times, the sudden contrast between the sky and the earth. The infinity of the steppe is ever present. The range of each song is very large and demands great vocal ability (a vocal range extending up to two octaves), and high virtuosity, requiring constant practice. The song themes vary from romantic to meditative, from philosophical to religious. The context may vary from one region of the steppe to another. Many of the long songs praise the beauty of the surrounding nature, the mountains and rivers, sing about the horse present in the emotion of the Mongolian people and speak about customs and moeurs.

The long songs are associated with big celebrations and ritual ceremonies. They are generally accompanied by the morin khuur (the Mongolian horse-headed fiddle), sometimes with the Mongolian flute called the limbe (transverse flute with no keys). In 2008, UNESCO added the long song to the Intangible Cultural Heritage list (originally proclaimed in 2005).

There are three types of long song:

besreg urtiin duu : the short long song.

This type of long song is the most frequent and the simplest to accomplish. The melody combined with the poem is relatively short, the rhythm of the phrases is precise, and the melodic range is limited. The shuranhai vocal technique mentioned above is not used for this type of long song.
Example: « Khuren tolgoin suuder »  (The shadow cast by the grayish-brown peak)

Khuren tolgoin suuder
Khondiigoo dagaad khuushlene dee
Khunii baga l chamtaigaa
Setgel yuundaa daslaa daa

The grayish-brown peak cast a shadow
Follows the path of the valley
To you, the young girl that you are
Why have my feelings been drawn?

jiriin urtiin duu : the ordinary long song

These long songs demand a considerable vocal range and a great mastery and virtuosity in the art of ornamentation. Their melodies are laid back and stretched out, their rhythms are richly varied.
The single shuranhai technique is frequently used for these songs. You can identify a good long song singer by his manifest abilities when he sings this type of song.
Example: « Er bor khartsaga » (The brown male hawk)

Er bor khartsaga n
Jiguurendee khuchtei l baina uu daa
Ider zaluu nasand n
Daanch ajigch ugui yavlaa l biluu dee
Ai khuurkhii aldrai minu zee

The brown male hawk
Has his strength in his wings
When I was young
I did not give it much attention
(here the meaning is: when I was young, I didn’t know that I had all my strength with me, I only now understand that as I aged)
Oh my poor youth

aizam urtiin duu : the majestic long song

These long songs have a very large range, and require all the abilities cited above, in addition to a voice that is totally fluid, free in spirit, allowing improvisation. The single and double shuranhai techniques are applied. There can be notes that jump more than an octave. Their melodies are majestic and grave.
Example: « Uyahan zambuu tiviin naran » (The gracious Sun shining on our World)

Zee ene uyahan zambuu tiviin naran
Ilkhen bukhii delkhii deeguur
Mukhushgui mandsaar baidag l biluu zee, ta minu zee

Oh, the gracious Sun shining on our world
Covering the whole universe
It shall never perish, oh

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Urtiin duu – Le chant long mongol

Le chant long occupe une place importante dans la musique traditionnelle mongole. Cette dénomination n’est pas due au fait que le chant dure longtemps, mais signifie simplement que chaque syllabe se prolonge sur plusieurs notes. Ainsi, un chant de quatre minutes peut être composé de seulement dix mots. Le chant long trouve son origine dans la steppe mongole, où l’on doit  pouvoir envoyer sa voix jusqu’aux montagnes visibles au loin. La technique principale du chant est le shuranhai qui consiste à prolonger les notes avec un vibrato profondément articulé et glottal sur les voyelles. Selon les chercheurs, cette technique de chant permet aux sons de voyager et de se propager vite et loin à travers l’espace.

Les chants longs sont basés sur l’ambivalence en deux temps (le brusque contraste entre le ciel et la terre) et la notion d’infini (de la steppe). L’ambitus de chaque chant est très étendue et demande une tessiture énorme (pouvant s’étendre jusqu’à deux octaves), ainsi qu’une grande virtuosité, impliquant une pratique constante. Les thèmes des chants sont assez variés et peuvent être philosophiques, religieux, romantiques, méditatifs… Beaucoup louent la beauté de la nature environnante, des montagnes et des rivières, parlent du cheval (souvent pris comme une métaphore), et parlent de questions morales.

Les chants longs sont associés aux grandes fêtes et aux cérémonies rituelles. Ils se chantent généralement en compagnie du morin khuur (la vièle mongole à tête de cheval) et parfois de la flûte mongole appelée limbe (flute traversière sans clefs). En 2008, l’UNESCO a inscrit le chant long au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité (originellement proclamé en 2005).

Il existe trois types de chant long :

besreg urtiin duu : les « mini chants longs » ou les chants longs courts.

Ce type de chant long est le plus fréquent et le plus simple. La mélodie et le poème sont relativement courts, le mètre des vers est précis, et l’ambitus de la mélodie est assez limité. On n’utilise pas la technique de shuranhai pour ces chants.
Exemple : « Khuren tolgoin suuder »  (L’ombre du sommet marron-gris)

Khuren tolgoin suuder
Khondiigoo dagaad khuushlene dee
Khunii baga l chamtaigaa
Setgel yuundaa daslaa daa

L’ombre du sommet marron-gris
Suit le long de la vallée,
Vers toi, la jeune fille que tu es
Pourquoi mes sentiments sont-ils allés ?

jiriin urtiin duu : les chants longs courants

Ces chants longs demandent une tessiture considérable et une grande maîtrise et virtuosité dans l’art de l’ornementation. Leurs mélodies sont posées et étirées, les variations rythmiques sont très riches. Le shuranhai simple est utilisé. On peut identifier un bon chanteur de urtiin duu par sa maitrise technique de ce type de chant.
Exemple : « Er bor khartsaga » (Le faucon brun mâle)

Er bor khartsaga n
Jiguurendee khuchtei l baina uu daa
Ider zaluu nasand n
Daanch ajigch ugui yavlaa l biluu dee
Ai khuurkhii aldrai minu zee

Le faucon brun mâle
A sa force dans ses ails
Quand j’étais jeune
Je n’y avais pas donné de l’importance
(ce qui signifie : quand j’étais jeune, je ne savais pas que toute ma force y résidait, je l’ai compris maintenant que j’ai vieilli)
Ah ma pauvre jeunesse

aizam urtiin duu : les chants longs majestueux

Ces chants longs ont un ambitus très large, ils requièrent toutes les capacités citées précédemment, ainsi qu’une voix totalement fluide et un esprit libre pour la composition libre. Les techniques du shuranhai simple et double sont utilisées. Il peut y avoir des sauts de notes de plus d’une octave. Leurs mélodies sont majestueuses et graves.
Example : « Uyahan zambuu tiviin naran » (Le Soleil gracieux brillant sur notre Terre)

Zee ene uyahan zambuu tiviin naran
Ilkhen bukhii delkhii deeguur
Mukhushgui mandsaar baidag l biluu zee, ta minu zee

Oh, le Soleil gracieux brillant sur notre terre
Recouvrant tout l’univers
Il se lèvera sans jamais périr, oh